ChatGPT Ads veut le beurre, l'argent du beurre, et la laitière

Illustration en encre noire d'une baratte à beurre traditionnelle qui laisse tomber des pièces bleues au lieu de beurre, symbole d'une plateforme qui monétise à chaque étape de la chaîne publicitaire.

Cette semaine, OpenAI a sorti deux annonces à deux jours d’écart.

D’abord, ChatGPT Ads peut désormais générer les annonces à la place de l’annonceur. Puis, l’upload de listes d’audience commence à apparaître dans les comptes.

Prises séparément, ce sont deux features. Mises bout à bout, elles racontent autre chose.

Il y a une expression un peu vieillotte pour ça, mais qui tombe pile : vouloir le beurre et l’argent du beurre. D’habitude, c’est déjà se montrer gourmand. OpenAI, lui, veut le beurre, l’argent du beurre, la laitière, et il compte battre le beurre lui-même.

Traduit en langage média : ChatGPT veut être l’endroit où vous discutez, c’est l’audience. L’outil qui cible cette audience, avec les listes qu’on peut désormais uploader. La régie qui vend l’espace. Et maintenant le rédacteur qui écrit l’annonce. Un seul acteur qui tient les quatre bouts de la chaîne. Personne pour vérifier ce qui se passe entre chaque étape.

Ce n’est pas nouveau. C’est la vitesse qui change

Google fait ça depuis quinze ans : moteur de recherche, régie, outil de ciblage, et depuis peu l’IA qui rédige les titres d’annonce. Meta aussi, avec Advantage+.

La différence, c’est le temps que ça a pris. Google a mis quinze ans à construire ce monopole vertical. ChatGPT Ads existe depuis quelques mois et coche déjà les quatre cases.

La vraie question à se poser

Pas « faut-il tester ChatGPT Ads ». La réponse est oui, il faut toujours tester tôt.

La vraie question : qui vérifie qu’une annonce générée automatiquement, ciblée sur une audience qu’on ne voit jamais vraiment, tourne dans l’intérêt de l’annonceur et pas dans celui de la plateforme qui tient les quatre métiers à la fois ?

Sur r/PPC, la question qui revient déjà : quelles sont les choses importantes à savoir avant de se lancer. Bon signe. Pour une fois, la profession se pose la question avant de foncer.

Mon conseil terrain : testez, mais gardez toujours une version de votre annonce écrite par un humain à côté de celle générée par l’IA. Comparez les deux chaque semaine. Le jour où elles ne se ressemblent plus, vous saurez pourquoi.